Chapitre II : Consummatum Est : La mâtinée aux Bains Romains
Il est vrai que la soirée de la veille fut harassante. Il fallut accueillir C*, puis regarder quelques épisodes de Rome…
Non mais d’ailleurs, les romains, qu’on nous présente comme un modèle de civilisation, de délicatesse et de raffinement : quels bande d’enculés ! Et pervers par-dessus le marché.
Non mais, de vieilles femmes moches et mal fagotés avaient bien tenté de me mettre en garde : Pons Pilate, la crucifixion et tout le toutim. Mais non, les cours de civilisation de mon prof’ de latin avaient gardé le dessus. C’était un fou mon prof’ de latin. Un fanatique des lettres classiques. Il était grand, il était vieux, il avait un accent qui chante… Il suait toujours à grosses gouttes, ce qui laissant des auréoles nauséabondes sur ses chemises hideuses… Monsieur Alexis qu’il s’appelait.
Alors quand le réveil sonna, à, CHOC, 8h30, il fallu que je sorte de ma torpeur. Bon, c’est pas trop dur, il suffit d’ouvrir les fenêtres en grand pour aérer… Non et puis j’avais bien dormi, faut pas dire. C’est juste que le réveil en soit, c’est pas un exploit, mais j’avais l’impression qu’un camion m’avait roulé dessus toute la nuit. Alors j’aurais pas craché sur un petit massage des épaules, mais hop hop hop, pas de temps à perdre : un thé, une part de massepain et direction les Bains Romains.
Vous remarquerez que c’est pratique les matinées aux Bains ; parce qu’on économise une douche : on va quand même pas se priver d’un endroit où l’eau coule à flot, et ce en quantités non limitées. D’ailleurs les Bains Municipaux de Strasbourg doivent être responsables de l’assèchement du lac Tchad je pense… Enfin tant pis pour les africains : on va pas se priver d’une bonne matinée à poil dans la vapeur, alors qu’en plus dehors, ça caille. Han c’est trop bon, ça doit être pour ça que c’est relativement cher : tant de bonheur, gratuit, ce serait indécent.
Et puis il faut préciser que cette sortie avait une vocation culturelle. Ben oui, l’année dernière je n’avais vu que les Bains médicinaux. Bien que très jolis, ils avaient quand même un peu un côté… Médicinal – Sanatorium désuet. Alors que là, on s’attend à voir Pompée, Marc-Antoine, Jules César et cette viscelarde d’Atia… C’est splendide. Une autre possibilité est que l’année dernière, je n’eu pu saisir l’entière magnificence des lieux : j’avais dû poser mes lunettes. Cette année, que nini, hors de question de ne pas profiter du spectacle : je garde mes lentilles… Je n’ai pas été déçu. Si toi, lecteur égaré tu as supporté la lecture des lignes précédentes et est arrivé jusque là : va goûter art de vivre à Strasbourg : Flammenküche, Gewürztraminer, ballades au bord de l’Ill et bains municipaux. Non lecteur, tu abandonnes l’idée d’un voyage à Paris pour voir cette connerie de Tour Eiffel et Ugly-Joconde, tu vas à Strasbourg ! (Kenny-travel est une filiale de Kenny-a-un-avis-sur-tout)
A bas la pudibonderie, tous à poil dans la même baignoire, c’est sympa : il y a suffisamment de gens plus moches que vous pour en sortir rassuré sur son physique. Baignoire : m’bécile à bassin en marbre d’ailleurs. C’est tellement bon. Et comme cette année, pour cause de vision périphérique et lointaine retrouvée, le spectacle ne se limitait pas à 50 cm devant moi…
Que vous dire de ce papy de 70 ans plus musclé que moi ? Rien. Que vous dire de cet homme qui assume un micropénis ? Rien. Que vous dire de cet homme qui assume son gros penis ? Rien sinon que ça doit être lui qu’on retrouve sur Rezog au pseudo TTBM-marié. Que vous dire du fait qu’il y ait 2 fois plus d’hommes que de femmes. Tant mieux ? Que vous dire de ce déchet humain et de sa copine la déchete humaine, qui se ramène, lui, sa vilaine gueule de déchet et son tatouage en forme de feuille de canabis sur le bras ? Là, il faut signaler que des gens comme ça il faut les assommer avec une douche en bronze et les noyer dans la piscine gelée. D’ailleurs après une matinée à observer (c’est un bien grand mot) des bittes, je plaide pour l’emprunte zizièsque comme critère d’identification. Ce serait aussi discriminant que les empruntes digitales… Il y en a pas deux qui se ressemblent (pour tout vous dire, je m’en doutais un peu, mais un scientifique vérifie toujours ses hypothèses à grande échelle. C’est pour des histoires de loi de Student…) C* avait d’ailleurs commencé à émettre un avis sur la question et l’esthétique du pénis flaccide et suant. Malheureusement Xelias a interrompu cette réflexion. Nous n’en saurons donc pas plus. Je ne serais pas en train de m’égarer ? Anyway…
Oui donc après avoir sué, s’être trempé dans la piscine glacée (soit disant que c’est bon pour la santé : plutôt mourir jeune je vous le dis) avoir fait remonter la température dans la piscine tiède… STOP à CHOC ! Quel est le dégualasse qui a exfolié ses peaux mortes dans ce bassin ? Même si j’ai tout à fait conscience que mes chances de chopper une amibiase dans cette eau sont inférieures à celles d’avoir l’hépatite A en mangeant des fruits de mer… Oui mais comme je ne mange pas de fruit de mer, ces chances ne sont donc pas négligeables… On va plutôt aller dans le bassin circulaire et chaud avec vision panoramique sur la salle. J’avoue que je n’ai pas suivi tout ce qui se disait. Trop occupé à pester intérieurement contre mes épaules toujours nouées, et à me concentrer pour pas m’endormir. Parce qu’il faut pas s’endormir dans son bain (il ne faut pas non plus y changer une ampoule)
De toute façon comme Xelias se liquéfie, il est temps d’y aller. Verdict de la pesée. D’ailleurs la balance des bains romains, c’est une garce. L’Aiguille met 10 ans à se stabiliser. On ressent un peu la même chose que ces immondes personnes venant du Pas-de-Calais qui jouent à la roue de la fortune : la caverne ! la carverne ! la caverne ! Non c’est la banqueroute. Quel dommage. Là c’est un peu la même chose : un kg en moins, un kg en moins, un kg en moins ! Eh bien non, quel arnaque, vous pesez le même poids qu’a l’entrée, vous n’avez même pas transpiré assez pour faire bouger l’aiguille. Dommage. Et Xelias qui fait son coquet : j’aimerais bien perdre 4 kg… Pfff. Xelias il est très bien comme il est, d’ailleurs il le lira puisque c’est un ami - pas un plan Q – et que je ne lui dirais jamais des choses pareilles : il a de très jolies fesses.
Xelias, c’est pas pour rien que c’est mon copain.
Nb. : Si le lecteur égaré connaît à Paris un endroit aussi convivial que ça pour se faire un sauna / hammam, les commentaires sont ouverts.

Gribouillas