Et c'est tant mieux, parce que je ferais pas ça tous les jours

Et dire que je ne voulais pas y aller à cette soirée... Je men souviendrais. Deux jours pour se remettre. Pfou. Je me fais vieux pour sortir moi. Cest à dire que les "potes de fac", je les voient déjà tous les jours à la fac, et à part parler des cours, des sorties sur "Trudaine" des uns et à la "B-Box" des autres, il ny a pas une folle ambiance entre nous. On sentend bien, cest déjà ça. On a réussi à former un petit groupe parmi 697 clampins de première année. En plus nous sommes le nombre idéal, nous occupons une rangée entière de sièges dans lamphi. Ca évite que des "ersats détudiants" viennent se taper lincruste à côté de nous (ça permet surtout de se foutre de la gueule de certains, sans quils en aient vent). Quoique les "mouchoirs à merde" peuvent prendre place derrière nous, cest très gênant (Cf. : Brève damphi)
Je mégare. 14 avril, plus quun jour à tirer et ce sont les vacances de Pâques (période idéale pour faire du code et réviser les exams ; hum ça se fête) On décide daller fêter ça dans une pizzeria. Le ton est donné, à 21:00 il faut quon est débarrassé les lieux, un autre groupe arrive. Accueillis par le sosie de Marcel Desailly, cest un peu Too Much ; le personnage est un peu trop haut en couleurs pour moi. Mais nous navons pas tout perdu : échaudés par une petite dizaine de filles bien balancées (juste un ou deux thons) le Marcel a offert le vin et les digestifs. Le pire cétait le perroquet neurasthénique qui hurlait en sortant de sa cage. Il a mis un peu danimation. Pas une folle ambiance à la pizzeria. Moi assis à côté du mec dune copine (pas beaucoup de points communs) et en face dun mec que jai trouvé beau (quest en fait pas beau du tout) que jai bien aimé, puis détesté (la fac est une jungle) et qui me parle du changement des cordes sur sa guitare électrique (je lui dis que je supporte pas les guitares électriques et les batteries?). La pizza, me remonte le moral. Très originale... Pour ma culotte de cheval. Bref, lalcool désinhibant les esprits et le Marcel faisant des minauderies aux filles, lambiance se détend et je me met à laise. Le digestif arrive : qui connaît ce petit jeu qui consiste à boire cul sec du rhum dans lequel a brûlé des grains de café, quil faut croquer après avoir avalé le rhum ? Bon, déjà, le rhum qui sent lalcool à 90°, en soit, cest pas fameux, mais quand on naime pas le café, en croquer cest une torture. Ouh la la, 21:10, faut quon dégage. Les échanges de numéros de tel entre Marcel et les filles séternisent : il a lair en manque le Marcel. Il promet de nous retrouver en boîte un peu plus tard. Justement, ça fait un petit moment que je me tâte pour savoir si je vais en boîte... Il fait beau, je suis suffisamment lucide pour faire le chemin... Ouais, je dis : "vous savez quoi, je vais aller en boîte!!". Grands cris de joie de la part de mes camarades féminines (nous nétions que trois garçons dont un nest pas venu). Je me suis dit : jai lair si coincé que ça pour déclencher cette hystérie collective quand je dis aller en boîte ? Ouais, je vais en boîte, en plus il maurait fallu rentrer avec E.B. sinon ; Pas envie, elle me déprime cette fille. Elle me rappelle ma cousine Isa. Je vais en boîte donc. Là, une fille hésite dit "oh je sais pas si je viens". Nous étions Place de la Victoire, devant la cathédrale, je me met à genoux devant elle et fait mine de la supplier. A ce moment jai compris que le Malibu avait eu plus deffets sur moi que dhabitude. Autant aller danser pour aller éliminer. La teigne (cest le surnom affectueux dont je lai affectée) accepte de venir en disant que la soirée commençait bien : je métais mis à genoux devant elle. (Putain mon pantalon noir est plein de poussière, merde, je my remettrais à genoux devant la cathédrale).
En route pour le Gormens. Haut lieu de la culture clermontoise (soit disant). Lambiance est très détendue, on imite les arabes qui se cherchent des noises, je raconte quelques anecdotes de mon enfance (ma mère qui avait ébouillanté mes tortues, ma grand mère qui me promenait en laisse). Après ce petit échauffement dans les rues pentues, nous arrivons au Gormens. Faut bien le dire, à 22:00, cest un peu tôt. On sasseoit donc au bord dun trottoir : les voitures ralentissent et klaxonnent les filles (heureusement, il est de notoriété publique que les putes officient dans les rues piétonnes à Clermont). Bon, après trois petits quarts dheure à claquer des dents assis sur le bitume, on rentre au Gormens. Ca commence bien, il y a quatre vigiles à lentrée mais personne au vestiaire. Putain. On poireaute un petit quart dheure jusquà ce que quelquun arrive pour nous extorquer trois euros chacun. Bref, on rentre. Première impression : pas fan de la déco. Ancienne usine. Ouais, ben ça lest un peu trop resté. Les toilettes. Jamais vu ça, pisse contre le mur, ça coule dans une rigole. Hyper glauque. Les premiers temps on sattable, on se fait chier grave. On va chercher un litre de bière. Heineken. Burk. Où est la bière que javais importée de Munich pour mon père quand jétais parti en Allemagne ?
Enfin, après avoir subi une bonne heure de musique ringarde, la mayonnaise commence à prendre et les gens commencent à arriver et à envahir la piste de danse. Je regarde amusé une fille (dans mon style, si je nétais pas plutôt gay) -petite jupe, grandes jambes élancées, bottes à talons, gueule pas désagréable- entourée dune cohorte dadmirateurs. Dentrée de jeu, lambiance est très virile. Pas moins de cinq mecs autour de chaque fille. Malheureusement, ils sont globalement pas beaux, et plutôt hétéros. Aller, on se lance, tout le monde sur le dancefloor. La musique est pas mauvaise et il y a suffisamment de monde pour ne pas être ridicule. Le monde arrive. Dailleurs on se fait marcher sur les pieds, avant davoir à fournir un effort démesuré pour les lever : ben oui ; Au Gormens, tu danses avec ta bière, uns uns uns uns. Ca commence à sérieusement coller par terre. Et mon magnifique T-shirt de St Valentin me colle au torse aussi. Est-ce le fait de danser ou lémotion produite par la Dancing Queen qui sagite sur une plateforme ? Dailleurs, lui, il est très mignon. Un vrai démon de la danse. Et je ne me plains pas que sa chemise (plutôt moche), trempée de sueur, dévoile son torse par transparence. Ouais, il était vraiment mignon. Bon, à deux heures du mat mis à part fixer Dancing Queen, je commence à sérieusement fatiguer. Dautant plus que cest très désagréable, on se fait pas mal bousculer, et des gouttes tombent du toit. Scientifique avant tout, jai pensé que vu la chaleur cétait de la condensation. A deux heures et demi, trempés de bière, de sueur et de condensation, on se casse. Dautant plus que ça fait une demi heure quils nous passent du Raï, on se fait un peu chier. Et là : retour à la vraie vie.
Horreur, il pleut des cordes et il faut quon rentre à pied jusque chez nous. Traverser tout Clermont à pinces. La Teigne, elle, son mec vient la chercher. Horreur. Malheur. Je suis trempé, mes cheveux gluants de gel me goutent dans les yeux. Ca pique le Schwarzkopf. Une douche, vite une douche. Mes jambes flageollent. Jai la bouche sèche. Alcool, philtre de Satan. En plus les autres veulent pas me croire, ils prennent un raccourci qui rallonge. Pff. Sont nuls. Bref. Je rentre chez moi, enfin, je goutte. Jai tellement froid que leau de la douche me pique, me brûle. En plus javais complètement foiré mon peeling, je pèle des pommettes. Et le lendemain il faut que je me lève à 8:00 pour prendre le train. Oh non, vie cruelle.
Après la douche, ah oui, ne pas oublier de préparer un Aspegic à côté de ma tranche de pain dépices, je devrais en avoir besoin.
Bingo. Un mal de casque. Ah mes jambes. Monn dos ahhhhhh. Dans le train je lutte : "Ne pas mendormir, ne pas mendormir, je vais louper Nevers." Aller hop, une heure trente en compagnie du dernier album de Mylène Farmer....
Bon, le bilan dune soirée que jai vécu de manière assez ironique. Une bonne soirée. Mais quand on sait que je nai pas mis les pieds depuis mon voyage en Autriche il y a trois ans (il y avait une carrément meilleure ambiance dans le Tyrol ceci dit). De manière assez ironique quand on me demande depuis combien de temps je suis avec ma "copine". De manière assez ironique quand on sait que des cohortes de mec ne rêvaient que dune fille et que moi je matais Dancing Queen. De manière assez ironique quand on sait quà minuit je suis plus opérationnel, et quà deux heures du mat je me déhanchais méchamment sur ce refrain que jexcècre pourtant :
"Un pétard ou un Ricard , si t'as vraiment le cafard
A choisir y a pas photo , moi je choisis le maroco
Les alcools ont leurs soulards , le cana c'est le panard
Y'en a qui le mystifient , moi je fais son apologie"
(Ouh là, il faudra que je fasse mon mea culpa en faisant une apologie anti-cannabis, parce que moi, l'herbe à rire, à part faire du fourrage pour les veaux...)
Bref. Une pas mauvaise soirée. Mais comme dirait lautre "je ferais pas ça tous les jours" lol
Ps. : Moi j'aurais bien aimé une petite partie avec des potes, comme sur la photo lol. Malheureusement, je n'ai rien de ressemblant dans mes connaissances... Hum' (D'ailleurs tout le monde sait que je n'apparaît pas sur le tableau : je prenais la photo)lol