I am what I am
C'est le drame, un mois après les bonnes résolutions, ce sont les bonnes résolutions non-tenues qui font leur apparition. Tout commença par cette après-midi cinéshopping en compagnie d'Eddy (Tristan) De prime abord, qui dit après-midi cinéshopping exclut toute tentative d'une activité réflexive en rapport avec la licence de biologie : résolution numéro 1 morte par KO une semaine seulement après une semaine d'examens qui seront loin d'être les plus brillants de ma vie…
Alors que j'attendais mon ami fashion-brigadier, comme une pauvresse devant le Pont de Jaude, je reçois un SMS disant en substance "On s'attend bien à l'entrée vers la médiathèque" Visiblement on s'était mal compris, je parcours donc le centre commercial au pas de course pour rejoindre Eddy et sa prétendue coiffure démente (j'étais prévenu dans le SMS)
Après avoir retrouvée mon comparse, lui, sa coiffure crêtée-pailletée et moi prenons les escalators jusqu'au Cinéjaude. Et là, attention : deux résolutions abandonnées en moins de 5 minutes ; alors qu'il m'avait fallu au moins 6 minutes pour hésiter entre réviser de l'anglais et aller faire les soldes.
Déjà, dans les escalators, on se retrouve derrière une abomination que je signale d'un coup de coude et d'un doigt accusateur à l'éminence anti-mauvais goût qui m'accompagne : une femme sans âge (probablement jeune) avait eu la bonne idée d'associer à sa tenue sans saveur - des leggings noirs je crois - portée sur sa silhouette râblée, de magnifiques ballerines léopard synthétique. Mea culpa, j'ai pas pu résister, on s'est moqués, et à Eddy de dire (fort sinon c'est pas drôle) "Les gens sont d'un mauvais goût, il faudrait que je me ballade avec mon appareil numérique prêt à l'usage tout le temps à la main". Fort est à parier que la délicieuse fashionita a capté nos ondes moqueuses vu le regard plein de sous entendus qu'elle nous jette au moment fatidique où il faut lever les pieds pour ne pas se prendre le petit rebord casse gueule de l'escalier. Et paf c'est la résolution N°5 qui est par terre.
Arrivée devant les portes closes du Cinéjaude où tous les films ont déjà commencé. Et encore deux résolutions qui vont s'effondrer : la 7, vu le prix du ciné, c'est pas cette année encore que je vais y aller plus souvent et la 2 : Eddy me tanne pour aller voir les Minimoys. Comment lui dire de manière claire que les gnomes aux cheveux orange c'est NO WAY. Le seul autre choix possible, c'est Eragon. Va pour Eragon, sans conviction... De toute façon, pour ce qui est de l'underground, c'est NO WAY TOO.
En attendant la séance, on va faire les soldes… Alors, comme les soldes sont une jungle où nous devons jouer des coudes avec les rebeux qui sont venus en masse de ChamP (le tram n'étant malheureusement tombé en panne que près de Jaude) en faux D&G on repère à deux les fringues en taille S, puis on passe aux essayages et l'autre achète ce que le premier ne veut pas, à condition que ce soit suffisamment seyant. C'est ainsi que j'acquiers un nouveau petit blouson Devred, et deux T-shirts manches longues. Bien évidemment nos commentaires bitchyfusent
Eragon va commencer, on va se faire arnaquer puis on va s'installer : alléluia, ce film doit être un navet, on est seuls dans la salle où même la sono a capté l'arrivée de deux PD aux bras chargés de paquets : ils se mettent à passer I am what I am ; so glam ! Bon, comme on est seuls, on peut causer, et c'est tant mieux, parce que ce film n'est qu'une pâle copie du Seigneur des anneaux, dans toute sa splendeur, même quant à la fin : ce Eragon I n'a servi à rien d'autre qu'à mettre l'histoire en place. On est contents.
Aller, on va au Bar d'O pour récupérer. Alors, ce n'est pas ici qu'on va arrêter d'être bitchy, parce qu'entre le serveur so gay et les fossiles so gay qui se sentent glam moulés dans un 501 et qui se penchent pour exposer leur fessier décharné et flasque à la vue d'Eddy (moi j'observais ça dans un miroir) Enfin bon, moi je dis que payer aussi cher pour des cocktails loupés, franchement le commerce gay-friendly a du souci à se faire !
Ce sera la conclusion de ce post, qui n'était au départ censé vous dire que j'ai déjà renoncé à 4 des 7 résolutions que je m'étais engagé à tenir : I am what I am !
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