Thank you, Madame

Publié le par Kenny

img013.jpg
Au premier abord, on aurait dit une sorte de mutante, entre une éternelle adolescente et une maîtresse SM. Grimpée sur des talons vernis de 15 cm de haut, avec son chemisier blanc ; sa robe chasuble grise en laine et son sac oversize nuançaient l’ensemble. Nous nos sommes installés dans la salle, à la suite de cette naine hyperactive. A première vue on ne savait pas trop quoi en penser…
            Une fille est arrivée en retard, il était 8h31… Nous prenions à 8h30. La réponse ne s’est pas faite attendre :
 
“Lady, I do not accept in my class person who arrives in late. The course begins at 8h30. Ok?”
 
            A priori, c’était plutôt le côté maîtresse perverse qui prédominait chez elle. Sa manière d’annoncer lady, avec un petit accent méprisant et un air exaspéré, encadré par son carré brun et classique. J’adorais son petit côté mère fouettard. D’autant plus qu’il s’adressait le plus souvent aux conasses Auteuil – Neuilly – Passy petit clan de bourgeoises sans style et inintéressantes au possible habitant Eglise d’Auteuil (on en a assez entendu parlé, mon dieu la ligne 10 du métro fonctionne jamais pendant les grèves) Ses chaussures à plateforme rythmaient ses explications au tableau, et ses petits commentaires sarcastiques.
 
”Lady your nails are nice. Stop your manicure. What do you think about the use of the Botox”
 
            Puis nous avons découvert chez elle un penchant un peu plus déjanté. Pendant plusieurs cours il y avait beaucoup d’allusions à la drogue. Comment prononcer correctement dope. Les pensées d’un de ses amis américains (jeux de mot) pour qui la France est une bizarrerie : on va chercher drugs chez le chemist et la drogue chez le dealer.
            Et peu à peu son rire enfantin a résonné dans la salle, pour des conneries, quand on lui a expliqué ce qu’était le priapisme, quand elle s’est enfin rendu compte qu’elle ne savait pas faire fonctionner un lecteur DVD. Elle était très touchante en fait. Et je l’aimais d’autant plus que certaines lui manquaient carrément de respect. En plus je crois qu’elle m’aimait bien. C'est-à-dire que je devais être le seul à capter l’ironie de certaine de ses phrases.
            Bref, en un mot Thank you, Madame… Merci Mrs Aji… My Mrs Robinson...
Publicité

Publié dans Blaise-Campus

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
E
Tu verras Patsy, bientot tu auras Madame H pour te faire les cours...
Répondre