Antéchrist superstar

Publié le par Kenny

Fans de Marilyn Manson, ce post ne traite pas de votre idole. Mais ne fuyez pas, ça peut vous intéresser.
 
La semaine dernière, et pour la première fois de ma vie, j'ai réalisé une opération chirurgicale… Sur un rat… A la simple idée de faire du mal à ces petites boules de poil, une semaine avant j'appréhendais…
            Le jour J, il a pourtant bien fallu s'y coller. Pendant la première heure, le prof nous explique qu'on va devoir shooter notre rat, l'anesthésier, lui ouvrir la gorge, planter un tube dans sa trachée pour l'aider à respirer, le charcuter pour isoler carotides et jugulaires, et passer un tuyau dans une jugulaire, et un tuyau dans une carotide. Le tout pour voir l'effet au combien intéressant de différentes hormones sur la glycémie du rat. Bref, tout un programme relativement flippant. Mais, on reste professionnel, c'est pour la science…
            Les rats arrivent. Ca commence : ma binôme en a peur et ne veut pas les toucher avant qu'ils soient endormis. Je me dirige donc vers la cage, attrape gentiment un ratibus que je place dans une boîte. Petit tour sur la balance : 270 grammes. Il est trop cute. A mon avis il est complexé, c'est pour ça qu'il la ramène pas : alors que tous les autres rats ont d'énormes testicules proéminents, celui que j'ai choisi doit avoir fait une rétention abdominale, parce que je l'ai pris pour une femelle.  Des gens supra intelligents attrapent les rats par la queue, ça les fait couiner. Tu métonnes. Du coup, mon rat, pour cause de peur - ou de gastro - fait caca partout. Enculé de rat : tu pues (tu vas voir ton père quand il va rentrer !)
            J'emmène ensuite ratibus dans une chambre à gaz qui va permettre de l'endormir. Alors il est à noter que je suis tombé sur un rat camé qui a quand même tété le tuyau d'où sortait l'anesthésique : sort de ce corps Pete Doherty. Et une fois que la bestiole est arrivée au stade de loque inarticulée, les choses marrantes commencent : attraper fermement le rat derrière la tête entre le pouce et l'index de la main gauche (pour empêcher sa tête de bouger s'il se réveille) et chopper la peau du dos dans la paume de la main. Ensuite, injecter l'anesthésique dans le quart inférieur gauche de l'abdomen. Ahhh, ça a tant de peau que ça sur le dos ? C'est pas possible, c'est l'incarnation de Régine. Aller, je pique : putain c'est si dur que ça de faire un injection ? Ca rentre vraiment difficilement. Et comme l'aiguille rentre d'un seul coup, je me demande si je me suis pas transpercé la main… Non. Le rat doit souffrir un peu vu que l'injection le fait sortir de sa torpeur… Mais bon, en un quart d'heure le voilà prêt.
            Ma binôme charcute donc le cou du rat. Le prof nous aide à isoler les veines, etc. Le prof rentre les tuyaux, parce que mine de rien, c'est petit une veine de rat. Par contre je fais la trachéotomie. Tout se passe relativement bien, on est content : alors que les rats crèvent les uns après les autres, le notre tient le choc. Au bout d'une bonne heure, je choppe la patte arrière du rat avec une pince et, il serait peut être temps de le réanesthésier, parce qu'il reprend ses réflexes. Je prépare donc une seringue avec de l'anesthésique et vais pour refaire une injection : l'aiguille rebondit. Je réessaye, ça ne rentre pas. J'ai beau appuyer du mieux que je peux, ca ne rentre pas. Et cette torture répétée finit par bien stimuler le rat qui : CHOC
Se réveille, roule sur ses pattes et commence à marcher. Traînant derrière lui ses cathéters, reliés aux seringues. C'est trop horrible. Grand cri. Le prof rallume la chambre à gaz en urgence. Mais bon, le rat a le temps de bien souffrir. Moi qui ne supporte pas le mal fait aux animaux j'en suis malade. Pétrifié, je bouge plus. EN plus tout le monde me prend la tête : "Non mai t'imagines, il a dû tout sentir, ahhh" Oui j'imagine très bien. Et c'est bien pour ça que je suis si flippé maintenant. Je remercie le prof de nous avoir fait faire une trachéotomie, sans quoi le rat aurait pu couiner. Et je pense que cette image m'aurait hanté toute ma vie. Déjà que rien que ça j'en ai rêvé trois jours de suite.
            Après que le rat soit de nouveau gazé, le prof essaie de le piquer : même échec que moi. Et le rat commence à en avoir marre visiblement de ces piqûres répetées : il menace de sortir de sa torpeur. On trouve quand même une seringue qui pique véritablement pour lui donner la dose ultime qui le tiendra endormi pendant le dernier quart d'heure d'opération. Et c'est ça qui me dégoûte. Sont tellement radins qu'on peut même pas avoir d'aiguilles neuves à chaque TP, faut faire souffrir une pauvre bête inutilement.  
            Bon, le rat vit toujours. On décide de l'appeler Highlander. Je crois que c'est pas superflu : la gorge ouvert sur 5cm il a même pas syncopé. L'opération se termine. Les résultats sont corrects : encore heureux.
            Il est temps de sacrifier le rat : "Adieu Highlander, rejoins glorieux le paradis des rats" [Marche funèbre] Injection d'alcool à 90° 1 mL… Sa poitrine se soulève toujours. Visiblement, en plus, il ne veut pas rentrer en coma éthylique. Aller, double dose pour toi. Vas y champion !
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Publié dans Blaise-Campus

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T
Patsy tu es absolutely fabulous quand tu portes une blouse blanche... <br /> Ce qui me fais encore plus rire que ton épistolisme, c'est que la même chose s'est passé cette aprèm en salle d'Endo 2: la mamie s'est réveillée avec un tuyau dans le cul... mdr
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