Cendrilope
Courage, les choses intéressantes arrivent à la fin : Vendredi, journée très chargée. Tout avait très bien commencé :
Debout 6:30. Non, pas de rasage : mode feignassou. Direction la fac, où, je suis resté deux heures à tout casser. En effet ; TP de bactério avec traitement des résultats sur Excel. Comme mon cerveau c'est in-ter-net, alors que certains galéraient à faire une moyenne et un écart type, moi je m'amusais à faire des tests logiques pour tuer le temps :
- Regarde Nono ; Si Moyenne < 13 écrire "hémoculture est un abruti", sinon écrire "de toute façon c'est quand même un blaireau"
- Ha délire, ton cerveau c'est in-ter-net !
- Madame on a fini, on peut s'en aller ?
- Faites moi voir vos résultats ? C'est parfait. Allez-y.
Je rentre à l'appart' et, à tout hasard, regarde le suivi de mes dossiers d'inscription en master sur internet. Putain, j'en crois pas mes yeux : Pièces supplémentaires demandées : relevés de notes depuis le bac, certifiés par établissement d'origine :
[Hurlement primaire] Putain de bordel de merde. Vite sortir les originaux. Heu. Non, avant, manger. Je mange. Un yaourt. Mmmh, à la framboise. Je penche le pot au dessus de l'évier pour évacuer le petit lait : le yaourt s'évacue avec. [Hurlement primaire bis] Non, bon heu on se reprend, téléphoner à Nono :
- Nono je les déteste. Ils nous font chier. Quelle bande de cons. Je te jures que s'ils nous prennent pas je me pends. Non, je fais sauter Jussieu. Putain marre. Ca fait un mois que je m'en sors pas de ces dossiers de merde.
Direction la fac. Nonnnnnnn. 100 mètres plus loin : blague de blonde : il faut que je prépare des enveloppes pour envoyer direct les relevés de notes. Demi-tour. Aller faire des photocopies à la BU. Aller à la scolarité pour faire mettre un tampon dessus. Et à la scolarité constater que j'ai claqué de la thune pour rien vu que la secrétaire me fait cadeau des doubles conservés dans mon dossier. Courir à la Poste. Pas la peine de se presser, c'est pas encore ouvert. J'en peu plus ! Envoyé, c'est pesé. 2€ et quelques pesos encore. Ce qui porte actuellement les frais postaux destinés à mes dossiers de pré candidature à 15€54 centimes + 2€ et quelques pesos.
Le reste de l'après midi se déroule pas trop mal jusqu'à ce que j'inonde ma salle de bain en la nettoyant. Serpillière, changement de chaussettes (ben oui, évidemment c'est en marchant dedans que j'ai vu que c'était inondé)
Bon, il est 16:00, comme ce soir je suis de sorti, il faut quand même que je commence à penser à ce que je vais mettre. Ma chemise blanche cintrée… Non, pas la veste par-dessus. La chemise blanche, un jean, baskets. Hic : il manque un bouton à la chemise. Non. Il y a pas moyen, je mets ça. Donc je vais jusqu'à ATAC pour chercher une aiguille et du fil : ATAC est en inventaire. Aller, presser le pas jusqu'à champion parce que l'orage menace. L'orage éclate mais je suis arrivé. Au moment de repartir l'orage n'a pas cessé. J'ouvre mon parapluie : "Scritch" parapluie pété. Bon, ben on va faire sans. Le temps de faire les 500 mètres jusqu'à min appart mon jean est trempé jusqu'au cul : moi qui avait envie de le mettre ce soir. Ma vie est un enfer. Séance de couture. Allumage d'encens et incantations à Krishna pour que cesse la pluie. La pluie ne cesse pas vraiment, et mon parapluie n'est pas rafistolable. Eh merde eh merde eh merde.
Passage salle de bains habituel : masque, lavage, rasage. Ahhhhh, je me suis coupé. Beuheu. J'en peux plus ! Ma vie est un enfer.
Je m'habille. Ca va. J'ai pas mauvaise allure. On me dira plus tard dans la soirée que je faisait très "fils de bonne famille" : effet raté.
Je me dirige vers le théâtre où Eddy m'a convié à un "défilé de mode". Je vais marcher. 2km, ça me calmera. Parce que jusque là, j'ai les nerfs en pelote. Petit détour par la maison de deux amis pour me faire plaindre et je m'enfile dans la queue pour acheter mes billets (vous observerez l'élégance de la formule) Me voici installé dans la salle. Anna Wintour n'est pas en vue, mais à la place, j'ai gaucho-intermittent-de-mes-deux derrière moi :
- Quand on sait les millions que ça a coûté et que l'acoustique de la salle est merdique […] Ah oui j'avais déjà vue que la régie était là […] Et là on peut avoir accès aux cintres […] C'est joli […] Ségolène a fait plus de 30% à Chataudun […] Hortefeux est venu faire du racolage pour Sarkozy
- (Mais putain, il va la fermer sa gueule)
Spectacle. Entracte. J'attends Eddy en tentant désespérément de manger des pâtisseries arabes. Mais comme les copains de gaucho-intermittent-de-mes-deux squattent le devant du buffet, c'est dur. Je manque de m'étaler avec mon thé à la menthe, en butant dans une rallonge. Eclatage de cheville. Ca continue : journée de merde. Eddy arrive, à peine démaquillé. Les lèvres "rose baiser" et ça c'est fort, car "Baiser n'est plus disponible". On se casse. Direction le futur ancien appart' d'Eddy, on prend quelques sacs pour les porter dans le futur nouvel appart' très cute d'Eddy. Puis, direction le Sitges.
C'est rempli de lesbiennes et la musique est à chier. Ahhhhh pire que gazon maudit. Mais bon, ça va, même les lesbiennes moches ont droit à l'amour. Elles sont totaly drunk. Burk. Aller une vodka pomme.
Après de délicieuses discussions, arrive Mec-so-cute, la nouvelle conquête d'Eddy. Aller hop', un Malibu Ananas pour fêter ça. De fil en aiguille, sonnent les 2:00 du mat' Et Mec-so-cute est d'autant plus cute qu'il se propose pour me ramener chez moi. On s'apprête donc à sortir de ce lieu de débauche. Je passe en premier et sort. Personne ne me suit au travers de la porte. ET là commencent les choses marrantes :
J'étais adossé contre la façade (dans la position Pétasse N°2), en attendant mes deux compères, quand, un mec hideux (vieux, bedonnant, physique de batracien) que j'avais bousculé en passant la porte, descend les escaliers, fait quelques pas, se retourne, et revient vers moi :
- Tu attends quelqu'un ?
- [Mode voix de salope] Ouiiii
- Ahh dommage. Sinon je t'aurais proposé de te ramener.
- Bah oui, dommage.
- Tu sais quoi, on m'a dit que j'étais trop vieux pour sortir en boîte.
- Ah bon. Ohh, ça dépend, vous avez quel âge ?
- 47 ans.
- De toute façon, c'est vite dit d'appeler ça une boîte, c'est rempli de pétasses dépressives.
- De toute façon je ressortirais chez moi.
- Où ça ?
- A Lyon. Mais tu sais moi faut me tutoyer. T'es de Clermont ?
- Je suis étudiant à Clermont…
- Et t'attends ton mec ?
- Non, il est ailleurs.
- Ahhh. Salooooope. Tu m'avais bien dit que tu l'attendais.
- Ben ça va aller, c'est la fête. Non, j'ai jamais dit ça, j'attends des amis.
- Bon aller je m'en vais.
- Salut, bon courage.
Sur ces entrefaites arrivent Eddy et Mec-so-cute :
- Ben alors Patsy, tu fais le trottoir
- Exactement chéri !
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