*// Carnets d’Alsace _ Jour 1

Publié le par Kenny

par le Baron Kenny de Clermont – Nevers 
            Le 17 à l’aube, mon carrosse affrété, me voici en route pour la capitale alsacienne via notre grande Capitale. Agrémentant mon voyage les écrits philosophiques de Kyra Davis, importés du Nouveau Monde. Grâce à sa prose, nous saisissons dans Sexe, Meurtres et Cappuccino toutes les difficultés de la femme moderne...
            Le carrosse fou, traîné en ligne droite par 11000 chevaux électriques se rapproche de l’Alsace. Dehors le soleil rayonne et pourtant j’ai très froid, j’ai la chair de poule ; tout cela à cause de ce système révolutionnaire qu’on appelle climatisation. Bien que les vaches aient toujours la même couleur que dans ma Sologne bourbonnaise natale, les laboureurs habitent de grandes huttes aux toits très pointus sur lesquels nichent de grands échassiers au bec menaçant, escortant l’express en claquant leur bec rouge et pointu dans une cacophonie de tous les diables.
            L’Alsace est une terre rude où le soleil matinal cuit des wallons plantés de vignes ou de tabac. Des paysans hâlés et vigoureux s’affairent aux champs avec des outils de fortune sortis d’un autre âge. Aux étendues agraires succèdent des terrains vagues puis des friches industrielles, signe d’un rapprochement vers la civilisation ; le train entre en gare de Strasbourg et mon premier réflexe, une fois descendu du train est d’observer les vitraux du bâtiment de grès rose. Je me réchauffe pendant dix secondes sous la verrière. Puis ensuite un serrement dans le ventre ; ça y est, j’y suis. Et une question d’une bêtise absolue me fait ralentir le pas dans le souterrain : comment dire bonjour à mon hôte ? Est-ce coutumier dans ces contrées reculées de faire la bise à un homme ? Qui plus est un ami que l’on connaît depuis aussi, voir plus longtemps que tous nos amis actuels (renouvellement post-lycée oblige) Et puis une bagatelle me stresse : vais-je le reconnaître ? Oui. Je le vois. Il me sourit. Réponse : Kenny passe en mode ultra bright (enfin il l’espère) Voilà enfin Xelias en chair et en os et pourtant Kenny fait un détour derrière un panneau publicitaire ; ce doit être l’éducation sologno bourbonnaise qui rend sauvage. Et pourtant je suis tellement content. Enfin le voilà : « Mou »
            Je suis Xelias sur une succession d’escaliers électriques qui nous font descendre dans un ancien puits de mine je suppose (passé industriel de la région oblige) où nous attendons un véhicule futuriste qui nous transporte à toute vitesse dans les rues strasbourgeoises. Dans leur idiome local, les gens appellent cela le tram. Que c’est exotique. Après quelques minutes nous montons chez Xelias où nous accueille son odalisque, involontairement faussement négligemment couchée sur la couche conjugale. Il me tend une main amicale. Me voilà donc totalement rassuré et admis au sein du Squat Chic I, me reste juste à passer ce rite initiatique courrant ; consistant à boire un suave breuvage, mélange de jus d’orange et d’un alcool de grain russe triplement distillé, la Smirnoff. Visiblement je passe le test avec succès : j’ai même le droit de le passer une deuxième fois. Hum que c’est bon… De se désaltérer après cet éreintant voyage.
            Connaissant le goût de Xelias pour les îles helléniques il n’est guerre étonnant que mes deux hôtes préparent une salade de crudités, agrémentée de feta. La sauce est succulente. Quel fin cuisinier ce Blue Bird. Voici une région où on sait recevoir. Mais bon, pas le temps, nous partons pour une visite du centre historique où nous commençons par la cathédrale. Celle-ci me rappelle mon voyage dans le Bade Wurtemberg où il me fut permis d’admirer le Munster de Fribourg. Tel Candide dans sa Westphalie je m’étais émerveillé de tout. Aujourd’hui tel Candide dans le Bas-Rhin je m’émerveille. Le chœur roman à la décoration byzantine ne m’échappe pas. Malgré que le mélange de gothique et chœur roman suive le même plan d’organisation que la cathédrale St Cyr de Nevers, celle-ci ne peut rivaliser, avec ses vitraux contemporains. Quant à l’ostentation de Notre Dame de l’Assomption à Clermont… Même si elle est à la page avec ses pierres noires, (car oui, le noir dans les arts décoratifs c’est LA tendance de ce siècle) elle, n’a pas d’horloge astronomique. Et on ne peut pas monter sur son toit. Eh oui, nous montons sur le toit de la cathédrale où nous observons la signature de Goethe, qui a, il faut le souligner, roulé du cul dans tout Strasbourg, puisque nous retrouverons sa trace plus tard, devant le Palais Universitaire. Vue panoramique sur Strasbourg. Les Vosges, der Schwarzwald (Ja, wie Goethe ich bin bilinguisch))  Comme Blue Bird nous le fait remarquer : les bonnes œuvres se feraient un fric monstre s’ils mettaient un bar sur la plateforme. C'est-à-dire que 300 marches ça donne soif. Nous nous dirigeons donc vers le parc de l’orangerie où nous pourrons étancher notre soif grandissante, via les bas quartiers de la ville, où les hôtels particuliers le long des quais font à peine 800m² chacun, où les lycée sont tout juste patrimoine historique : très glauque comme cité.
            Après un ice tea nous nous égarons par le zoo : quelles belles bêtes. Un gros chat nonchalant, qui ronge son frein en voyant à travers le grillage des biquettes sauvages de Crète (qui ressemblent curieusement à des chèvres domestiques européennes tout de même) Des singes acrobates au cul pelé, d’autres petites bêtes à mi chemin entre le lion en peluche et le singe malgache… Des cigognes nous toisent. Quelles belles bêtes… Nous poursuivons notre périple par les bâtiments de l’Union Européenne ; C’est une sorte de coalition d’états, trop abstrait pour moi. Les bâtiments futuristes et transparents se reflètent dans les eaux de la rivière, seules des péniches à touristes viennent troubler la quiétude de cette promenade arborée. Ereintés mais heureux d’être ensemble, nous regagnons le Squat Chic I par le tram. Nous nous désaltérons, car oui, il est bon de se désaltérer par ces chaudes périodes, puis visualisons les daguerréotypes pris dans la journée…
            Le soir nous allons au Star, un cinéma, mais si, bande de joyeux fifrelins, vous savez bien, ces grand théâtres qui fonctionnent grâce à l’invention des frères Lumière, le cinématographe. Tous ensemble nous entrons en épiphanie spirituelle devant une chenille qui fait des claquettes (Non Eddy, ce n’était pas 1001 pattes II) Un film ode à la nature (la chenille) et à la schizophrénie (le film dans son ensemble)
            Voilà que ce termine cette première journée en Alsace. Ma mémoire est défaillante et ma plume malhabile, aussi m’excuserez-vous des inévitables manqués et du style parfois flou. La suite de mes aventures bientôt, le jour 2, Kenny fais du magasinage, comme ils disent dans la Belle Province.
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Publié dans Ma petite vie

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S
merde, me suis emballé trop vite, j'viens de voir le conditionnel dans ta phrase :)
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S
Hey toi! J'suis vendeur à Zara, place Kleber, et contrairement à ce que tu crois, tous les vendeurs ne sont pas homos. Bon, la plupart le sont, mais c'est la façon globalisante que tu adoptais pour dénoncer le mode de recrutement ds cette boite qui me genait. Bon en fait, c'est juste que j'en ai marre d'être gai aux yeux des gens :) Je revendique pour la premiere fois sur ce blog mon hétérosexualité! Non mais...!
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X
Hé ben, c'est quoi ça ? Y'a de la drague dans l'air autour de Strasbourg ou quoi ? Ce doit être dû à la canicule, à l'excès d'ozone ou un truc comme ça... Mais vous êtes les deux les bienvenus au Squatt Chic I et (bientôt peut-être) II...
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K
Merci Misterbook pour ton commentaire amical relatif à mon Carnet d'Alsace tome I. Figures toi que je n'ignorais pas ton existence, j'ai déjà visité ton blog via tes commentaires sur l'espace perso de Xelias. En effet, l'Alsace est superbe. Je compte bien revenir, tout du moins pour pendre la crémaillère du Squat Chic II, peut-être nous verrons nous alors.Bon courage pour ton déménagement...Merci du compliment au fait. Je peux aisément te le retourner "Vous n'êtes pas mal non plus..." 
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M
Salut Kenny,<br /> Autre ami de Xelias, qui m'avait pas mal parlé de toi, je suis heureux de voir que notre belle Alasace t'a plu. Ta plume est toujours aussi drôle. Dommage de t'avoir raté, d'autant que tu es mignon ! Espérons que tu reviendras nous voir bientôt...
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