Obligation Familiale / Soirée de Merde # Pléonasme
Samedi soir nous étions invités chez mon cousin ; J’abhorre par-dessus tout les soirées chez ces gens. C’est d’un ennui. Ca respire la non communication (bon certes, c’est moi qui dit ça. Ce n’est pas parce que mes parents ne savent pas que je suis gay que… Ne me jetez pas la pierre !) et les convenances bourgeoiso-judéo-chrétino-obsolètes. Mais bon, obligations familiales oblige : quand ma cousine a eu son bac en poche, ses parents, comme les miens, avaient organisés une petite fête (quoiqu’on n’avait pas invité mes cousins si me souviens bien ;) aujourd’hui c’est au tour de son frère d’avoir décroché le précieux sésame vers le supérieur. C'est-à-dire que personne n’y croyait, mais bon, il l’a eu, on va faire avec…
Début de la soirée prévu à 18:30, ça en dit long. Va encore y avoir une ambiance monstre. Donc à 17:00 je me dirige vers la salle de bains. N’ayant pas à disposition un gommage digne de ce nom, ainsi qu’un eau de toilette qui ne sente pas le fennec***** je ne m’éternise pas. Le plus long, comme d’habitude avec moi, c’est le rasage. C'est-à-dire que je fais attention à ne pas m’éplucher, façon économe à légumes, ce qui, vu l’état des lames de mon rasoir, ne peut pas prendre moins de temps.
***** Message à caractère informatif : bien que cela ne soit pas arrivé depuis longtemps, je souhaite dire à tous les gens qui lisent ce blog et qui sont susceptibles de m’acheter du parfum, ce n’est pas la peine d’aller l’acheter chez Carrefour, parce que le Adidas, le Axe, le Fabergé, Ca schlingue grave !! Je préfère encore de l’eau de cologne… Et encore, oubliez… Si ce n’est pas de la Roger & Gallet… Enfin bref, je m’égare*****
Je crois que dans mon pantacourt en jean, je serais suffisamment décontracté pour ne pas faire tâche à côté des abrutis (les cousins de mes cousins) dans leur short de basket. Petite touche de dignité vestimentaire grâce à mon T-shirt Calvin Klein vert d’eau acheté à Strasbourg. C’est vrai qu’il me fait de belles épaules ce T-shirt. Bon, il ne faut pas compter qu’en ce jour d’exposition publique, je n’ai pas un ou deux boutons mal placés, mais comme me l’a dit un grand philosophe qui tenait cela d’une grande prêtresse « Un bouton bien placé est une utopie »
Nous arrivons chez eux en même temps que leurs grands-parents, tous autant qu’ils sont, sourds comme des pots ; c’est d’un pratique pour engager la conversation. Heureusement ma tante (c’est la cousine de mon père) est là et nous pouvons déblatérer sur la caisse d’épargne qui est moins bien que le crédit mutuel, sur le fait que les loyers à Paris c’est cher (mon cousin est censé aller à la Sorbonne à la rentrée… Si tant est qu’il se bouge pour trouver un logement) etc. Comme en plus ma cousine m’évite. Elle s’est arrangée on dirait : elle est bien coiffée, elle n’est pas fringuée comme sa mère… Enfin bien fringuée, c’est vite dit. Elle est habillée comme peut l’être une fille qui, à plus de 21 ans, et en n’étant même pas moche mais simplement coincée du cul, est encore pucelle (même de la bouche)
Enfin, cousine chichon (c’est la cousine germaine de mon père) arrive. Je redoutais un peu son arrivée, vu que ces derniers temps, ces trips mystiques post THC avaient tendance à me gaver, mais là, c’est libérateur. On est les premiers à attaquer la sangria. On cause un peu de sa vie, après évidemment avoir parlé de la mienne (quel intérêt que je sorte sinon) et quand elle me dit :
- A ma formation on a eu un cours sur les abeilles. J’adore les abeilles. Tu sais, quand il n’y aura plus d’abeilles on aura du souci à se faire, nous, l’être humain…
Je la soupçonne instantanément de s’injecter de la cocaïne liquide dans le cerveau, directement en passant par la gorge. Puis, la conversation se poursuivant, alors qu’elle perd ses mots :
- C’est le shit [Petit rire débile] Non sérieusement, depuis que j’ai commencé ma formation j’ai tout arrêté, j’avais pas les idées claires.
Choc ! Elle a arrêté le cannabis. J’ose un :
- C’est sûr que ça fait plus de mal que ce qu’on dit
- Ouais c’est clair. Tu vois moi ce qui m’a sauvé, c’est de commencer à 20 ans, parce que si je commençais à 16 ans comme maintenant, je te dis pas mon état à 34 ans
- 16 ans t’es gentille, moi j’ai vu des gens à 15 ans devenir des merdes humaines ambulantes à cause de ça
- Non mais c’est clair
Putain on dirait que cousine chichon, après 14 ans d’égarement et de vie sociale centrée sur le shit a enfin réussi à s’extraire de sa gangue d’ignorance et de mauvaise foi. Choc choc choc !!!
Le repas se déroule au gré des tartes au thon (super bonne) des plats de viande froide (burk, vite de la moutarde pour cacher le goût de la viande) des saladiers de chips (en mange pas : trop gras) du fromage (en mange pas j’aime pas ça) et du framboisier (je peux ravoir une autre part ?) On cause bien avec cousine chichon… Même si je n’ai pas grande confiance en son changement de bord (dès qu’elle se fera chier dans sa vie elle va encore en abuser) il faut bien avouer que désormais, on peut parler de tout. Et que nos conversations ne sont plus centrées sur l’épanouissement personnel, l’écologie, les mômes de banlieue, les chansons pour drogués (désolé pour tous les amis de Bob Marley, mon raisonnement n’est que purement empirique, les cannabistes écoutent à coup sûr Bob Marley et Tryo quand ils sont en bande) A vrai dire je suis coincé quand elle me demande :
- Et toi les amours, ça marche ?
- Ca va, il y a des hauts et des bas, j’ai 20 ans, je ne vais pas me prendre la tête avec ça. Ce n’est pas une tare d’être seul…
Voilà, c’est bien trouvé ça, insinuer que j’ai des problèmes sentimentaux, on repasse ainsi à un sujet plus léger :
- C’est n’importe quoi Yannick (mon cousin) qui veut s’installer avec sa copine
- C’est clair, il est jeune, faut pas qu’il s’imagine qu’il va faire sa vie avec. Comment ils font si ça casse ? Qui se barre, etc.
- Je t’ai pas dit [Mon ex] a loupé son bac, il bosse, c’est pareil, il veut s’installer avec sa copine (cherchez pas à comprendre, mon ex a viré hétéro) alors qu’elle a 16 ans…
- Comme si à 16 ans elle aurait pas envie d’aller voir ailleurs… [Mou dédaigneuse]
- J’allais te le dire. Quand j’en voyais au lycée se pavaner avec une bague en plaqué argent en disant « on s’est fiancés » j’ai envie de les taper. Je me demande s’ils savent que fiançailles ça veut dire promesse de mariage… Etre niais à ce point. C’est tellement beau l’indépendance dans un couple, de faire en sorte que les moments qu’on s’aménage soient les meilleurs.
Là, c’est le drame, je renverse mon verre de Quezac, les abrutis basketteurs se foutent de ma gueule et partent dans un fou rire… Vite trouver une réplique cinglante… Nan, ça ne vient pas. Bon je m’arrache, je n’ai plus aucun humour après avoir bu un mauvais champagne, je m’exile dans le jardin avec les copines des basketteurs. Il y en a une qui commence à me dire du mal d’une autre à l’oreille. Je vais pouvoir cracher mon venin sur quelqu’un que je ne connais même pas. Le pied. Ben quoi ? Ne me jugez pas. C’est beaucoup moins grave de dire du mal de quelqu’un qu’on ne connaît pas : ça ne porte pas à conséquence au moins ! Bon, il est 23:00, cousine chichon rentre chez elle, on s’arrache en même temps. L’ambiance n’étant déjà jamais géniale, mais entre les belles sœur qui s’entretuent, les oncles qui sont bourrés, les cousins qui ne déballent pas un mot, les cousins des cousins qui sont égaux à eux-même… 23:00, heureusement que ça a commencé à 18:30. Et puis l’indolence de mon cousin m’énerve : il ne sait même pas ce qu’il veut vraiment faire à la rentrée, il ne s’occupe pas de se trouver un appart’, bref il est trop couvé. Sans compter que personne n’a remarque mon T-shirt Calvin Klein. De toute façon, vu le look de mon cousin - caleçon à carreaux rouge (en plaid ?) qui sort d'un jean crade, look fils perdu cheveux gras assorti à un T-shirt informe et douteux – on se doute qu’on est dans un temple de la ploukitude… Aller bye bye les ploukitas, à dans un an, on fêtera la licence d’histoire de la cousine…
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