***// Carnets d’Alsace _ Jour 3

Publié le par Kenny

par le Baron Kenny de Clermont – Nevers 
            Ayant gloussé jusqu’à des heures indécentes devant Simone Clone, Claudia Chiffon & consorts, le réveil en ce mercredi 19 est long et pénible. Après de longues minutes où Xelias erre seul et désemparé dans le Squat Chic I, je rassemble suffisamment de motivation pour le rejoindre à la table, dressée d’appétissantes victuailles. Je me laisse tenter par un tronçon de pain enduit de pâte au chocolat / noisette : le Nutella. Je n’avais pas remangé de cette lourde gourmandise depuis la chandeleur et cette mémorable soirée crêpes en les appartements de Madame le Daphnie, sur le boulevard Lafayette de Clermont. Pendant que je tente de manger avec dignité (échec cuisant) ma tartine, Xelias enduit son pain d’une résine hellénique à l’odeur écoeurante, appelée miel de Crète. Comme s’il était possible en ces contrées rocailleuses et carbonisées par le soleil, qu’une abeille – ou même une fleur – aient pu survivre…
            Pendant ce temps Blue Bird peine à sortir de la torpeur dans laquelle le plonge les températures caniculaires. Cependant Blue Bird a plus d’un tour dans son sac et résiste aux températures sahariennes grâce à la djellaba, vêtement de haute technologie berbère, avec aération par le sol. Après un passage par la salle de bains, nous voici à nous questionner sur le programme de la journée. Non, en fait cela ne s’est pas du tout passé comme ça. Pendant que Blue Bird et moi loquions sur la couche conjugale, Xelias essayait de trouver un programme naturo-culturel en extérieur afin de fuir la pollution à l’ozone et la chaleur. Etant d’un naturel peu querelleur, tout programme me serait allé tant tout me semble exotique en ces lieux. Blue Bird est plus réservé. Aussi, en attendant de trouver une solution Xelias entreprend t’il la lecture de ses cahiers d’étudiant. Entre le récit d’un voyage en bateau, son attirance vers un factotum lors des vendanges, et ses émois quasi sodomites avec un camarade de jeu au petit chibre, nous rions comme des petits déments. Ceci ne nous donne pas le programme de l’après-midi, mais celui-ci viendra en mangeant.
            Nous partons nous rassasier, pour ma part, d’une salade aux aiguillettes de poulet au curry. Délicieux. C’est fou ce que la route des Indes rend service à nos papilles, et puis elle évite les déplacements de grandes caravanes, qui, ne pouvant éviter l’Afghanistan, le Liban, la Turquie et le Maroc ramènent sur les flancs de leurs ânes une herbe de perdition que la jeunesse consomme à outrance. Mais enfin je digresse. Le repas est très agréable, d’autant plus que la terrasse de la taverne est équipée de brumisateurs. Le repas est très agréable, cependant le service est très long et le tenancier aux favoris surdéveloppés me fait me demander si la monarchie autrichienne ne s’est pas effondrée en mon absence, obligeant François-Joseph à se reconvertir en Thénardier. Il semblerait que non. Mais avec tout cela nous avons manqué le début d’une éventuelle séance de cinémascope… Le programme sera extérieur et nous prenons un carrosse à mazout, dirigé de main de maître par Xelias, pour nous rendre au Mont Ste Odile.
            Il semblerait qu’un aéronef se soit en des temps immémoriaux écrasé contre les flancs de cette montagne. La suite des événements nous dira que nous ne retrouverons aucune pièce de la carcasse. J’ai bien mon idée sur la question ; les cisterciennes ont dû courir chercher les corps et les manger, et se forger des armes avec la ferraille, afin de marcher sur Strasbourg, prendre la ville, et tyranniser la population pour se venger de plusieurs siècles de privations. Mais ce n’est qu’une pure supposition. Mais enfin, quand on vénère une sainte aveugle & débile (Routard® dixit)  on ne peut pas être digne de confiance. Après une montée interminable sur une route cahoteuse, Xelias trouve un emplacement dans une petite clairière bitumée pour parquer le carrosse. Blue Bird ayant dormi une bonne partie du trajet, le voilà tout fringuant pour s’engager sur l’étroit sentier caillouteux serpentant entre la verdure. Nous approchons d’un mégalithe que nous escaladons, tel deux petits cabris crétois fougueux, l’odeur d’humus ayant probablement réveillé nos instincts primaires, pendant que Xelias immortalise cet instant. Nous longeons le mur païen, alignement de rochers superposés posés là par notre mère la Nature. Epiphanie spirituelle avec les pierres : je me ressource… Tout à coup un doute. Nous sommes perdus. Je ne reconnais plus la terre meuble qui a amorti mes pas. Heureusement, Xelias, qui est un véritable homme de la nature, ayant dans sa prime jeunesse, passée grimpé sur son vélocipède, communié avec les écureuils et les biches aux grands yeux noirs, sait se repérer grâce aux cris des piverts et nous ramène à bon port.
            Nous abandonnons le carrosse à Sélestat, ville ou les dépressions commencent et finissent, puis regagnons Strasbourg par le chemin de fer. La chaleur est intense ; comme nous étions bien dans la forêt. Nous allons acheter des rafraîchissements avec Xelias, au Marché U ; Jus de fruits divers et variés, Vodka (indispensable) Une fois rentrés nous nous préparons à sortir, ce soir est un grand soir. Bien qu’ayant partagé depuis trois jours la vie de Verlaine & Rimbaud, ce soir je plonge dans le Strasbourg interlope, celui des bars gay ; puisque je ne sais pas ce qu’est une Soirée Poste (on a tous à y gagner) au Golden (bien que j’ai déjà vu le facteur) il est impensable que je reparte de Strasbourg sans connaître cela. Un passage par la salle de bain s’impose (peut-être avons-nous contracté des tiques, voir la vérole dans la forêt, la nature est vicieuse) mais d’abord, une petite bière douce et fruitée à souhait est un breuvage adéquat pour se donner du courage. Après un temps relativement long pour cause de rasage, j’enfile mon THE bout de chiffon acheté la veille. Parfait. Avons-nous bu, je ne m’en rappelle plus…
            Blue Bird et moi invitons Xelias au bar à sushis ; ainsi nous avons une moitié chacun (nous ne savons pas quelle moitié a mangé avec qui) Le Chardonnay n’est à mon goût pas très fruité, mais il a le mérite de couler comme du nectar. Je ressors de l’endroit en ayant trop mangé, mais en ayant revu les toilettes zen (voir les toilettes du MOOZE et mourir) Nous rentrons au Squat Chic I pour quelques verres de Smirnoff ; il faut bien expérimenter avec les jus de fruits acheté l’après midi même (Orange, le must / Poire, pas top / Pomme, un classique) Nous écoutons de la musique. Puis, ça y est, il est temps de se mettre en route, via les quais. C’est vraiment agréable les quais, le soir, illuminés ; ainsi, ce qui semble au jour n’être qu’une tête de rat en polystyrène blanc, accroché à la façade du Palais Rohan, se transforme la nuit en une jolie gargouille de lumière… On n’arrête pas le progrès.
            Arrivée au Golden. On me marque du numéro 88 au fer rouge. Blue Bird commande les spiritueux. Pendant ce temps, j’ai tout loisir de me familiariser avec les pratiques du lieu ; on n’écrit un petit mot à un plaisant numéro, celui-ci répond si l’expéditeur lui convient. C’est mignon et original. Les boissons arrivent. Nous trinquons ; A Nos Acte Manqués. Après quelques échauffements épistolaires avec mes hôtes, qui chacun, m’écrivent de jolies missives, je repère un correspondant potentiel. Malheureusement, entre mes hésitations, ma tournée, mon nez qui se met à saigner (un rack de poudre de trop, ça m’apprendra) quand enfin j’écris un petit billet à mon éphèbe esseulé, je me rends compte qu’il est déjà parti. Personne ne pourra donc nier que mon voyage en Alsace n’aura pas été sageBlue Bird qui sait ce qui fait toujours plaisir à Patsy Stone, offre le champagne. Puis, Youssef, une charmante personne très engagée dans l’associatif et qui aurait pu être diplômée de l’ENSC de Clermont (s’il ne s’était pas fait virer) parle avec nous. Xelias offre à son tour le champagne (60 millions de bulles dans une bouteille ; le champagne ça renforce les défenses immunitaires) puis s’éclipse, il va commencer sa nuit.
            Blue Bird m’entraîne dans un club quasi désert, où le hallebardier m’accueille avec une cavalerie qui doit être due à sa condition d’ignare à gros bras : « Ca va aller Monsieur » Evidemment que ça va aller, comme si je pouvais avoir une tête à mal aller. Aller Blue Bird ; Champagne, Mojito et délicieuses conversations… Après quelques dizaines de minutes en ces lieux nous regagnons le Squat Chic I, où nous réveillons Xelias, qui, tout étourdi qu’il est, nous avait enfermé dehors comme deux miséreuses ; est-il coquin ce Xelias.
            Est-ce ma mémoire qui défaille ou les bulles du champagne, il me semble que ce soir là, nous nous sommes sagement pris place dans nos couchettes respectives, en dormant comme des bienheureux. Ellipse jusqu’au lendemain 8:00… Prochainement, suite et fin de ces carnets de voyage, le jour 4 : Kenny mange de la tartelette aux myrtilles dans une élégante pâtisserie, puis, prends le train, et… Et son estomac a des marques de mépris envers cette délicieuse tartelettes (dirons-nous) Je suis sûr que vous frémissez d’impatience.
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Publié dans Ma petite vie

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T
Pardon? Que lis-je? Patsy a les fringues de jet-setteurs? Ah nan pas du tout d'accord!!! Il ne s'habille que chez Celio... Pour le hype, d'accord,  la langue de vipère, les sarcasmes et les bitchy attitudes... ca d'accord!!!
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M
Je suis d'accord avec Xelias, tu as un talent pour le people. Si tui ne sais pas quoi faire de ta vie, je te propose jet-setteur... tu as déjà les fringues et le hype ;) 
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E
Et rajoute encore un autre lit: Eddy viendra!!! Après tout, Patsy et Eddy sont THE best friends lol... Apparament vous vous êtes bien amusés... bande de GayGens va!!!
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K
Je suppose que c'est le "presque" qui est important dans ta phrase. LOL. Je te remercie. La prochaine fois, pour que mon séjour soit à marquer d'une grosse pierre blanche, j'apporterais mes chroniques avec moi, tu prévoiras un lit supplémentaire ! Bisous et merci pour ce commentaire
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P
Ah, quand tu t'y mets ! Ton récit est presque plus beau, plus élégant, plus drôle et plus agréable que ton séjour - qui pourtant est à marquer d'une pierre blanche dans la vie du Squatt Chic I. Si tu as du mal à écrire des romans, au moins la rubrique "chronique mondaine" te va à merveille, un petit bijou !
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