Coup de gueule qui se perd...

Publié le par Kenny

              Certes je ne suis pas Ministre de la Culture. Certes je n’ai jamais fait de musique et les arts restent pour moi un agrément, pas une passion. Mais putain : qu’est ce que j’aimerais pouvoir hurler à tous ces bons penseurs de la culture ce petit texte – extrait d’un roman de gare somme toute divertissant – à cette bande de gens uniquement capable de pondre de la « prise de chou conceptuelle ». Moi il me semble que c’est être plus élitiste d’aller applaudir de la musique contemporaine ou un concert de sirènes que d’écouter le requiem de Fauré. La culture de masse : non. Une culture fédératrice, accessible à tous : il ne faut apparemment pas compter dessus (quand la DRAC comprendra t’elle ?) J’ai pas envie que l’on me pollue les oreilles avec la SatrAc’ à longueur d’année ; J’ai pas non plus envie qu’on me les pollue avec la « nouvelle chanson française » et du rock à outrance parce que Télérama ou les Inrock’ ont eut une éjaculation cérébrale au bureau en écoutant ça.

            Je ne sais pas pourquoi, j’avais envie de mettre cette petite pensée sur mon blog. Comme ça, un mercredi après midi. Peut-être parce que je viens de finir de regarder un film (Souviens toi de moi) italien assez pessimiste et tellement lucide sur la vie. Je ne sais pas.

            Monsieur Donnedieu de Vabres, écoutez moiiiiiiiiiii. LOL

 

Le ministre avança vers le micro. Devant lui, réunie pour les états généraux de la Culture, la fine fleur du théâtre d’avant-garde, du cinéma d’auteur, de la chorégraphie moderniste, des arts plastiques de rupture… Les mains moites, la gorge nouée, [il] devait prononcer son grand discours, celui qui l’installerait dans la lignée de Malraux et de Duhamel.

            « Mesdames, messieurs, c’est un bonheur et un plaisir de vous accueillir ce soir… » Tout à coup monta en lui une irrésistible rage de vérité. Il froissa le discours convenu préparé par son cabinet et se lança d’une voix vibrante d’émotion : « Et puis, tiens, bas les masques ! Finies les années Lang de bois. Depuis que je suis rue de Valois, vous ne m’avez pas épargné. Je ne suis pas légitime à vos yeux. Je ne maîtrise pas le code. Je ne suis pas de la tribu. Cela tient à peu de chose. Vous êtes une brochette d’enfants gâtés. Si je vous arrosais d’abondance en argent frais et en compliment obséquieux, si je vous faisait grimper sur cette obscène échelle de perroquet qui veut que le plus méprisable des tags vaut un retable de Dürer, le dernier rap des NTM une toccata de Bach, et un empilement de conserves vaguement soudées les unes aux autres le Moïse de Michel-Ange, alors vous me porteriez au pinacle. Je ne le ferais pas » […]
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Publié dans Réflexions

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